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Elle est belle ma fraise Par Anne T.
le 23/04/2008 11:11
Alors, une petite dans la poussette, encore
ravie de se balader, accompagnée de ses deux frères, couinant comme des
portes qui grincent, je me propulse dans les allées de ce marché déjà
bien rempli à cette heure.
Que de couleurs et de fruits sur les étals, des Fraises….partout ! Il y a eu un arrivage à Rungis, pas de doute !
- Maman, je voudrais des FRAISES ! Allez……….
- Ah non, je leur explique que ce n’est pas la saison etc.
Mais je finis par céder et je repars avec un peu de fraises et un melon ! L’énergie que j’avais dépensée pour leur faire mettre le nez dehors et bien je dirais que je ne l’avais plus pour lutter contre cette demande de manger des fruits, c’est tellement bon pour la santé de manger 5 fruits et légumes par jour!
Me voilà donc avec mes fraises venant d’Espagne et mon melon du Maroc. Au secours le développement durable !
Je me sens redevable d’un petit article sur le sujet et surtout le constat de ne plus trainer mes loupiots au marché ou bien de lire et d’assimiler préalablement le dernier livre d’Aldo Naouri sur l’éducation des enfants.
En attendant, je vous invite à lire ce qui suit :
D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours de 1500 km valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.
Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.
Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60 % de ces cultures seulement sont autorisées ; les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.
Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyle et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux : il bloque les alvéoles pulmonaires.
Qui s'en soucie ? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d’œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l'hiver…
Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié, ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.
Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes …
| Parce que parfois on fait des choses contraires à notre volonté initiale ! Nous voici un dimanche matin, jour de marché. Difficile de sortir les garçons qui préfèrent rester devant une playstation ! Je décide de les trainer coute que coute dehors, pour S’AERER, aller au parc ….en passant par la case « courses ». Et oui, pas de ravitaillement pas de repas quoi ! | ![]() |
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Que de couleurs et de fruits sur les étals, des Fraises….partout ! Il y a eu un arrivage à Rungis, pas de doute !
- Maman, je voudrais des FRAISES ! Allez……….
- Ah non, je leur explique que ce n’est pas la saison etc.
Mais je finis par céder et je repars avec un peu de fraises et un melon ! L’énergie que j’avais dépensée pour leur faire mettre le nez dehors et bien je dirais que je ne l’avais plus pour lutter contre cette demande de manger des fruits, c’est tellement bon pour la santé de manger 5 fruits et légumes par jour!
Me voilà donc avec mes fraises venant d’Espagne et mon melon du Maroc. Au secours le développement durable !
Je me sens redevable d’un petit article sur le sujet et surtout le constat de ne plus trainer mes loupiots au marché ou bien de lire et d’assimiler préalablement le dernier livre d’Aldo Naouri sur l’éducation des enfants.
En attendant, je vous invite à lire ce qui suit :
D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours de 1500 km valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.
Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.
Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60 % de ces cultures seulement sont autorisées ; les autres sont des extensions « sauvages » sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.
Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyle et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux : il bloque les alvéoles pulmonaires.
Qui s'en soucie ? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d’œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l'hiver…
Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié, ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.
Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes …
