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Je ne peux pas le sentir ! Par
Philippe C.
le 21/01/2009 09:48
Imaginez vous anosmique, c'est-à-dire sans odorat, l’expression aurait un tout autre sens ! Si, en plus, vous vous appelez Marcel Proust, plus de : «  Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray …. Ma tante Léonie m’offrait …
La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelée avant que je n’y eusse goûté.
Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste…l’odeur et la saveur reste encore longtemps comme des âmes…
»  Envolé, jamais écrit «  du côté de chez Swann ».
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Nous sommes tous devenus anosmiques, un jour ou l’autre, la faute à un rhume carabiné. Plus de goût à rien ! La vie devient fade. Quand on parle de « goût » des aliments, c’est essentiellement de l’odorat qu’il est question : les aliments qui se trouvent dans la bouche émettent des odeurs qui passent par l’arrière gorge vers le nez où elles sont perçues par une zone olfactive sensible avant d’être interprétées par le cerveau. Ce ne sont pas les amateurs de bons vins qui vont me contredire, essayez de déguster un grand bordeaux avec le nez bouché ! Autant boire du Coca Cola ! (C’est aussi valable pour les autres grandes appellations, mais je suis un tantinet chauvin du coté de mes racines paternelles.)

Même si l’expression : « Je ne peux pas le sentir »  peut être vraiment due à l’odeur de la personne, en quoi une odeur est-elle bonne ou mauvaise ? En fait, elle évoque souvent un souvenir personnel lié à un aliment ou un objet que l’on vous a dit répugnant. En matière d’odeurs, nous sommes tous différents. Nous voyons et entendons les mêmes choses mais nous ne sentons pas forcement les mêmes odeurs.

Nous sommes conditionnés par une mémoire des senteurs qui se met en place avant la naissance : une expérience a prouvé que, dans le sud est de la France où les femmes enceintes mangent du fenouil pour augmenter la production de lait, les nourrissons buvaient plus facilement les biberons ou l’on avait  rajouté quelques gouttes d’huile essentielle de fenouil, souvenir de l’odeur passée à travers le placenta pendant la grossesse. Et que boivent les marseillais, une fois adulte ? Du pastis, boisson à base de fenouil ! Certains industriels en ont même profité pour  incorporer des odeurs dans les laits pour bébé, histoire de donner envie au consommateur de consommer ses produits vingt ans après. Pratique heureusement interdite aujourd’hui !

Mais rassurez-vous, les industriels ont su rebondir! Partant du principe que lorsqu’on entre dans un endroit dont on aime l’odeur, on y éprouve plus de plaisir ; ils ont placé dans des salles de cinéma des diffuseurs d’odeur de pop corn pour en accroître la consommation, ou, dans les casinos, d’odeurs de fleurs a coté des machines à sous, pour inciter les joueurs à dépenser plus. Encore plus fort : au Japon, la diffusion d’aromes dans les usines est utilisée pour augmenter la productivité des travailleurs ! Voire, encore plus étudié, deux odeurs différentes : une odeur qui stimule la concentration des ouvriers au travail et une autre qui les détend à la pause. Remarquez, on diffuse bien de la musique classique dans les étables pour augmenter la production de lait des vaches !

Il existe des utilisations plus « sympathiques ». NTT, géant de la communication japonais, a présenté un système qui consiste à transcrire des « recettes odorantes » sous forme de données numériques. L’Imperial Hôtel, palace de Tokyo, propose à ses clients un menu d’odeurs pour parfumer les chambres. Les occupants peuvent sélectionner des ambiances odoriférantes en fonction des heures.

Si on les compare à la vision et à l’audition, les études sur l’olfaction sont encore à un niveau plus fondamental. Le professeur HOLLEY, à l’université de Lyon-1 décrit bien le mode d’action des molécules odorantes. « L’odorat », dit-il, « nous livre quelque chose de la substance intime des êtres et des choses. La fleur n’a de parfum que si elle laisse diffuser un peu d’elle-même dans l’air qui l’environne ». L’odeur naît quand un peu de cette substance rencontre les cellules qui forment notre appareil olfactif. La cellule réceptrice est un neurone qui porte à son pôle une touffe de cils flottant dans un milieu aqueux. Dans la membrane de ces cils, des protéines réceptrices qui, au contact des molécules odorantes, créent un signal transformé en message nerveux en direction du cerveau.  L’ensemble des neurones fournit au bulbe olfactif, à l’entrée du cerveau, un message non ambigu, spécifique de la nature de la substance odorante. Le bulbe reçoit de diverses parties du cerveau des messages qui modulent les réponses des neurones aux odeurs et façonne « l’image olfactive » perçue. L'association  aux autres données sensorielles charge l'odeur d'une valeur affective.

La polarité affective des odeurs, bonnes ou mauvaises et rarement indifférentes, nous renvoit aux parfums. Le plaisir sensoriel est sans doute le moyen que l’évolution a trouvé pour nous guider vers les êtres et les choses dont il est bon de s’approcher. L’odorat est le meilleur messager du bonheur promis ou du danger qu’il faille fuir.

Lorsqu’il crée des images olfactives, le parfumeur pénètre dans le domaine de l’art. L’image ne renvoie plus à la substance. Les notes olfactives ébranlent, dans notre système limbique, des fibres qui ont été placées là bien longtemps avant qu’un être vivant ait conçu l’idée de les faire vibrer par pur plaisir. Comme disait P. SUSKIND dans « Le Parfum » : « Qui maîtriserait les odeurs, maîtriserait le cœur de l’humanité. »

Pour finir, un petit traitement d’aromathérapie,  utilisation médicale des extraits aromatiques de plantes, pour vous débarrasser de ce rhume qui vous rend anosmique.
A parties égales dans un flacon :

  • H. E. d’eucalyptus globulus
  • H.E. de citron jaune
  • H.E. de thym rouge, thymol
  • H.E. de clou de girofle
En curatif, 1 à 2 gouttes 3 fois par jour sur un comprimé neutre ou dans du miel
En préventif 2 gouttes tous les 3 jours.
Prenez soin de ne consommer que des Huiles Essentielles H.E.B.B.D (huile essentielle botaniquement et biochimiquement définie)

J’espère vous avoir donné l’envie de plonger plus avant dans le monde des arômes et, à défaut de maîtriser le cœur de l’humanité, de trouver le parfum qui vous ressemble.

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