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Les coiffeurs en Chine Par
Sylvie T.
le 01/04/2010 13:27
Mon coiffeur, pourtant un professionnel chevronné issu de la pure tradition française, disait régulièrement qu’il était mal à l’aise quand il devait coiffer les cheveux asiatiques. « Ce sont comme des fils de nylon qui font ressort élastique sous mes ciseaux. J’ai beaucoup de mal à les couper ». L’inverse est certainement vrai. J’aurais dû m’en souvenir quand j’ai poussé la porte d’un salon en Chine.
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Je me trouvais dans une petite ville (enfin, tout est relatif en Chine, à peine deux millions d’habitants) de la province du Shandong quand l’idée m’est venue un beau matin de rafraîchir ma coupe. J’ai pris de nombreux renseignements sur le vocabulaire approprié et écrit une liste de mots clefs. J’ai aussi demandé à une jeune fille locale de m’accompagner. J’avais pris soin de bien lui expliquer à l’avance ce que je voulais afin qu’elle fasse le lien avec le professionnel. En Chine, c’est une précaution fort utile.

Bien préparée, j’explique clairement à la coiffeuse ce que je voulais en répétant mes propos à de nombreuses reprises pour éviter tout malentendu. Pour finir de rassurer la jeune professionnelle, je lui conseille de regarder comment la coupe était faite et de simplement un peu raccourcir sans rien chercher à inventer ou créer. « Copier, les Chinois savent bien faire » pensais-je.

« Voulez-vous que je vous lave les cheveux ? » me demande la coiffeuse. Quelle drôle d’idée. Bien sûr que je veux qu’elle me lave les cheveux ! Ah, ces Chinois, toujours prêts à faire des économies. Puis voilà que la professionnelle se met à sécher mes cheveux avant la coupe. Mes mèches souples s’envolent. Comment va-t-elle réussir à faire une coupe propre et régulière ?

Je répète de nouveau mes souhaits et prodigue de nombreux conseils pour aider la coiffeuse, puis décide d’arrêter de la « stresser ». Les mèches tombent doucement au sol quand tout d’un coup je me rends compte qu’elle a pris un rasoir pour désépaissir les pointes de mes cheveux. Horreur ! Ceux-ci plutôt fins vont avoir l’air de « queues de rat » si elle continue ! Je lui demande d’arrêter immédiatement. L’effet est désastreux : un côté tout amaigri, l’autre un peu moins et des hauteurs différentes. Mama mia ! « Etes-vous contente ? » ose-t-elle me demander. La réponse est claire, non ? « Ca va, ça va ». Pas la peine de lui faire en plus perdre la face. Je paie et m’en vais en courant.

Rassurez-vous, dans les très grandes villes où techniques professionnelles sont mieux enseignées et étrangers plus nombreux, ce genre de problème a moins de chance de survenir. Quelques galons d’expérience de la Chine en plus, je me suis rendue quelques années plus tard dans un salon « tout chinois » à Shanghai, néanmoins à la surprise générale des employés peu habitués à voir débarquer des étrangères. Deux heures de travail soigné pour shampooing, mèches décolorantes, coupe rafraîchissante, brushing accompagné de l’incontournable (et délicieux !) massage de la nuque. Ah, quelle différence !

sylvie@anne-et-vous.com

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