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Buvez, Eliminez ! Par
Philippe C.
le 20/02/2010 10:33
Remarquez ce serait plutôt l’inverse. Eliminez et vous boirez. Si vous voulez faire faire des économies à la Sécurité Sociale, baignez-vous dans nos rivières.  Vous n’aurez que le choix de traitements : antibiotiques, antidépresseurs, bétabloquants, contraceptifs sans oublier anticancéreux et antiépileptiques. Quand je dis le choix ! Je  devrais dire un package à peu près complet de notre pharmacopée médicamenteuse.  poissonsd.jpg
En fait ces substances rejetées dans les milieux aquatiques ne représentent qu’une partie de la très grande masse des molécules polluantes issues des activités humaines. La flore et la faune sont exposées à des mélanges induisant des effets biologiques très variés. Il faut tenir compte de la présence simultanée dans les ressources en eau d’autres molécules comme les pesticides, les retardateurs de flamme, les plastifiants les résidus de détergents, les hydrocarbures...

Les expositions sont importantes et chroniques pour la faune et la flore de nos cours d’eau.  A moins que vous ne choisissiez de vous baigner à longueur de journée en buvant consciencieusement la tasse à chaque brasse, vous ne risquez pas le sort de nos malheureux poissons qui se féminisent. Le danger, pour nous humains, est dans notre eau de boisson.

L’exposition est variable selon le niveau de contamination des ressources et la fiabilité des ouvrages de potabilisation. Les filières de traitement avancées (ozone, charbon actif, membranes) ont permis de mettre en œuvre un processus relativement protecteur. Néanmoins certaines molécules peuvent franchir des filières mal gérées et de très nombreuses populations mondiales n’ont pas de protection vis-à-vis des dangers liés aux nano et micro polluants organiques.

Dans le cadre du Plan National Santé Environnement 2 lancé lors du Grenelle de l’environnement, il a été mis en place un plan national sur les résidus médicamenteux dans l’eau. Ce plan vise à améliorer les connaissances sur cette pollution.

Les résidus de médicaments, lorsqu’ils ne sont pas totalement dégradés dans l’organisme, sont excrétés dans les selles et les urines sous leur forme initiale ou sous la forme d’un ou plusieurs métabolites. Le manque d’information sur ces mécanismes de transformation et l’identité des produits rejetés est le principal verrou scientifique à lever pour conduire une évaluation d’exposition correcte.

Comment choisir, étudier, hiérarchiser les molécules qui présentent des risques significatifs à long terme pour l’homme et les écosystèmes pour une mise à l’agenda raisonnée et une prévention adaptée. Tel est le but de ce plan.

Mais la solution pour se protéger ne serait-elle pas, comme l’écrit J. Duchemin, de donner « un coup de frein à une prolifération de molécules synthétiques, pas toujours indispensables – parmi les 30 à 50 composants d’une lessive ménagère, lesquelles sont vraiment nécessaires ? - diminuant ainsi « l’empreinte chimique » de l’homme sur sa petite et fragile planète bleue. »

Ce petit article a été écrit à partir des conclusions du colloque : « Résidus de médicaments dans l’eau : des molécules à surveiller ? Des risques à évaluer ? » Vous pouvez le consulter sur le site de l’AFSSA.

philippe@anne-et-vous.com

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