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Chine… quelle place pour la femme ? Par
Sylvie T.
le 03/05/2011 09:35
Lors d’un dîner de femmes auquel j’ai participé en Chine, la majorité des convives à ma table était des cadres de haut niveau du groupe Renault-Nissan.
Or la moitié de ces femmes était chinoise, travaillant en Chine pour le groupe Renault, et l’autre japonaise travaillant pour Nissan.
Quel abysse entre ces deux groupes !
Attitude, comportement rien n’était pareil.
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 « Quelle est la position des femmes en Chine ? » me demande-t-on souvent lors de mes formations. Soumises, belles et redoutables ou tuées à la naissance ? Si la réponse est contrastée, la position de la femme chinoise dans la société a bien évolué au cours de l’histoire.

L’image de cette femme chinoise à la merci de son mari, moins qu’un chien, les pieds bandés persiste dans l’imaginaire occidental. Remettons les pendules à l’heure. Tout d’abord la femme chinoise était très libre jusque sous les Song (960-1279). Sous la dynastie des Tang (618-907), elles jouaient au polo et enfourchaient librement les chevaux. Leur liberté est encouragée par le bouddhisme qui pénètre fortement en Chine à cette époque et prône l’égalité des individus. Puis on s’est mis à bander les pieds des petites filles des familles nobles (ou qui escomptaient le devenir) en vue de la conclusion d’un mariage fortuné. Mais la malheureuse ne trouvant pas de bon parti demeurait condamnée à trottiner dans l’enceinte de la maison jusqu’à la fin de ses jours.

Il faut attendre Mao Ze Dong pour voir le statut de la femme radicalement changer. Il fait d’elles « la moitié du Ciel ». Pendant sa retraite à Yanan (nord du Shaanxi) avec les survivants de la Longue Marche, il lance là-bas au milieu de nulle part une université pour les femmes. Il fait ensuite passer une loi interdisant les mariages arrangés, impose la monogamie, incite les femmes à travailler. La féminité n’est pourtant pas au rendez-vous. Ces dames portent le costume Mao, les cheveux courts pour la plupart, et pas un poil de maquillage.

Aujourd’hui, la majorité des filles a accès à l’éducation et les femmes travaillent autant que les hommes. Même si dans les campagnes on préfère encore et toujours les garçons et que l’élimination de fœtus de sexe féminin identifiés après échographie (Il est pourtant officiellement interdit de communiquer les résultats sous risque de forte amende) autant en ville qu’à la campagne demeure un réel problème de société, le statut de la femme chinoise est devenu plus qu’honorable et même envié par leurs voisines asiatiques.

Dans les grandes villes, elles occupent des postes importants dans les sociétés. Même si l’administration et les entreprises publiques chinoises ne placent encore que peu de femmes à des postes clés, dans le privé, nombre de femmes accède à des responsabilités importantes. Il est utile de préciser qu’elles ont des solutions faciles pour la garde de leur enfant unique.  Rôle de maman et travail se conjuguent aisément en Chine.

Certaines à Shanghai par exemple créent leur propre structure qu’elles dirigent avec habilité et férocité commerciale. Je me souviens de l’une d’entre elles croisée à un dîner. Sous son élégance toute shanghaienne et ses sourires enjôleurs, on percevait « des dents à rayer le plancher ».

Rien à voir avec leurs consœurs japonaises encouragées par la pression sociale à reprendre le chemin de la maison une fois mariées ! La All China’s Women’s Federation veille à la défense des intérêts et droits de la gente féminine. La journée de la femme, le 8 mars, n’est pas lettre morte dans l’Empire du Milieu. Longue vie à la femme chinoise !
 Contacter Sylvie : Syl.tournier@gmail.com

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