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Heureuse année du Tigre de Métal ! Par
Sylvie T.
le 08/03/2010 17:51
Le 14 février dernier, Chinois, Viêtnamiens et Taïwanais ont célébré leur Nouvel An, la Fête du Printemps. Après le Buffle de Terre en 2009 nous sommes maintenant entrés dans l’année du Tigre de Métal.
Selon le calendrier lunaire qui a rythmé la vie des paysans pendant des millénaires, cette fête marque la fin de l’hiver et le début d’un nouveau cycle.
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Le sage chinois, tel le vieux maître taoïste, voit poindre les germes du printemps alors que nous, Occidentaux, prétendons être encore en plein hiver. Le yang remonte déjà imperceptiblement dans l’état yin dominant de l’hiver. La fleur de prunier, une des premières à étaler ses pétales, représente symboliquement ce passage.

Quoique les prédictions ne soient plus tellement à la mode dans une Chine qui se targue de développement économique (sauf peut être pour prédire si l’année sera favorable au mariage ou à la naissance de son enfant), le nouvel an demeure la fête traditionnelle la plus célébrée dans l’Empire du Milieu.

A Shanghai et dans les grandes villes de la Chine moderne, la famille ne se réunit plus guère que pour le réveillon. Tout le monde prépare ensemble et mange autour d’une table ronde, symbole de l’unité, dans le nord des jiaozi ou raviolis qui ont la forme d’anciens lingots d’argent et dans le sud des niangao, symboles de prospérité de par leur sens de « plus haut tous les ans ». Cette fête sert aussi de prétexte à préparer 20 à 30 mets tous aussi délicieux les uns que les autres. Pas de dinde aux marrons version locale. Seul le plat de poisson, symbole d’abondance par jeu d’homophonie, a encore la faveur des modernes.

Après le repas, les familles aiment regarder les programmes que les innombrables chaînes de télévision du pays ont concoctés pour le réveillon. A trois périodes pendant ces quinze jours de fête, c’est un concert de pétards et de feux d’artifice qui font la joie des petits et des grands. Je me souviens d’être rentrée tardivement du bureau un soir et de courir de trottoir en trottoir pour éviter des masses sombres que des enfants rieurs déposaient avant de se sauver à toute allure.

Ces « baozhu », ou bambous qui éclatent, portent le nom évocateur du craquement sec d’un bambou sous l’effet du feu. Il est l’ancêtre du pétard avant l’invention de la poudre il y a peut être 2 000 ans.

Côté traditions, les enveloppes rouges (ou hongbao) sont encore très distribuées par les anciens aux petits enfants et par le patron à ses employés. Les familles nettoient à fond leurs demeures pour accueillir le printemps et achètent des sous-vêtements rouges, couleur du bonheur. Je les ai vus sécher sur des fils de fortune en pleine rue dans les quartiers traditionnels de Shanghai…

Les festivités prennent fin le 15 jour du 1er mois lunaire avec la fête des lanternes : la pleine lune fait de nouveau son apparition après le Nouvel An et symbolise la famille réunie, pierre angulaire de la société chinoise. On mange des yuanxiao ou boulettes de riz glutineux qui donnent leur nom aussi à ce dernier jour de fête. Derniers pétards, derniers feux d’artifices, adieu l’hiver, bonjour le printemps et vite, vite la reprise du travail. Gagner de l’argent et réussir dans la société sont les deux motivations principales des Chinois ; on ne peut donc pas s’attarder trop longtemps à la fête.

sylvie@anne-et-vous.com


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