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Changement de paradigme Par Benoit E.
le 30/11/2008 18:21
Les cours de bourses des constructeurs automobiles atteignent des niveaux très bas entrainant dans leur chute tous leurs fournisseurs. Les constructeurs appellent leurs gouvernements respectifs à les soutenir dans cette période particulièrement délicate. Pouvons-nous considérer que tous les constructeurs sont à la même enseigne ? Je ne le pense pas. En effet, en période de crise tout le monde souffre mais certains sont mieux armés pour affronter la tempête que d’autres. La différence est souvent liée à la qualité de la trésorerie.
J’ai appris récemment deux mots japonais : Kiki et Kikai. Le premier signifie crise et le deuxième opportunité. Une lettre les sépare. Pensez-vous que pendant la crise financière toutes les banques soient perdantes ? J’ai plutôt eu l’impression que certaines sont très satisfaites des opérations qu’elles ont discrètement et rondement menées. Je pense qu’il va en être de même (si ce n’est pas déjà le cas …) pour le secteur automobile.
La situation est particulièrement critique pour les constructeurs américains. Comme souvent dans un accident la cause n’est pas unique. Le resserrement du crédit en est une, la non adéquation des produits proposés en est une autre. Les constructeurs américains ont toujours privilégié les grosses cylindrées parce que les américains raffolent de ces véhicules. L’augmentation brutale du prix du pétrole a modifié profondément la mentalité des américains qui se sont sentis pris en otage. Ce changement de vue semble irréversible puisque le repli du prix du pétrole ne relance pas la vente de ces monstres assoiffés.
Ce phénomène induit une modification importante de tous les constructeurs. Mais les constructeurs américains communiquaient régulièrement sur les véhicules « verts ». Mais qu’ont-ils réellement à proposer ? Ce changement brutal de paradigme et les moyens financiers colossaux pour y répondre, met en péril des constructeurs comme GM ou Ford. Incroyable ! J’ai travaillé pendant des années pour une filiale du Groupe GM. Quand nous voulions impressionner nos interlocuteurs sur notre capacité à répondre à tous les challenges, il nous suffisait de prononcer ces deux lettres magiques pour que tout devienne possible. Comment ont-ils pu en arriver là ?
Cette question me taraude depuis des mois. Depuis que les chutes des ventes se sont concrétisées. Mon interrogation reste d’autant plus sans réponses, qu’un américain dont le CV est impressionnant (un prix Nobel de la paix qui est passé à un cheveu de la présidence des USA) fait des séminaires à longueur d’année, a réalisé un film (Une Vérité qui Dérange) où il explique concrètement pourquoi les constructeurs américains sont en difficulté et pourquoi ils vont l’être de plus en plus. Pendant ce temps, les patrons de ces firmes continuaient à produire leurs 4x4 sans aucune vision stratégique mais en touchant néanmoins des salaires exorbitants.
Le nouveau président des Etats-Unis d’Amérique n’aura pas d’autre choix que de financer massivement les constructeurs automobiles pour les sortir de la situation dans laquelle ils se sont mis. N’oublions pas que certains constructeurs ont su être plus visionnaires. Ils disposent d’un vrai savoir-faire et d’une trésorerie abondante. Ils sont discrets, non ? Des opportunités vont sans aucun doute se présenter, les grandes manœuvres ont déjà commencé. Tout le monde ne sera pas perdant. Kiki et Kikai.
| Depuis quelques semaines, la crise financière se transforme en crise économique majeure. La confiance des consommateurs est gravement entamée et les achats de biens durables sont repoussés si possible. C’est particulièrement le cas pour l’automobile qui est passée en quelques semaines d’une situation confortable à une situation de crise aigüe. Quels enseignements pouvons-nous tirer de cette expérience et quel avenir se dessine pour le secteur automobile ? | ![]() |
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