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Feu la taxe pique-nique par
Benoit E.
le Sep 27, 2008 11:27
Après un article sur Tchernobyl, je ressentais le besoin d’appréhender un sujet plus léger. La taxe pique-nique me semblait répondre à ce critère. Je n’ai pas eu le temps de me pencher sur ce sujet d’actualité, que cette taxe a été descendue en pleine journée par le sommet de l’exécutif. Pourquoi cette décision ? Doit-on pour autant mettre aux oubliettes cette initiative de notre ministère de l’écologie ?
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Avant d’aborder le fond du sujet, une question me vient immédiatement à l’esprit : Qui a choisi ce nom de « taxe pique-nique » ? Veut-on faire payer le plaisir de partager un moment festif et champêtre ? Cette expression associe le mot impôt avec la notion de pouvoir d’achat, je devrais préciser en disant faible pouvoir d’achat ou pouvoir d’achat réduit. Cette association est donc une erreur de communication extraordinaire puisque ce sont les deux sujets qui fâchent actuellement au sein de la société française. Difficile de faire mieux !

Le ministère de l’écologie a voulu surfer, à juste titre, sur la réussite du bonus-malus sur les voitures. Or dans l’esprit des français une taxe reste une taxe et ne sera jamais un bonus-malus. D’un autre côté, le bonus-malus est considéré par le ministère des finances comme un poids financier supplémentaire pour l’état qui le voit donc d’un mauvais œil. Dans ces conditions, le sort de cette taxe semblait scellé dès sa naissance…

La taxe pique-nique semblait être un gadget pour certains, un pansement sur une jambe de bois pour les autres. En ce qui me concerne, je pense que la démarche de fond du ministère de l’écologie était bonne et louable puisque l’idée sous-jacente principale est de réduire les objets jetables qui encombrent notre quotidien et nos poubelles. Notre approche court-terme nous aveugle et nous empêche d’admettre que le coût d’une taxe sera toujours inférieur au coût du traitement de ses objets dont la durée de vie n’excède pas quelques heures. En revanche, cette contribution doit promouvoir les alternatives aux produits jetables. Il faut donc que les consommateurs soient informés correctement sur ces alternatives. Encore la communication…

Même si la montée des problématiques liées à l’environnement est irrésistible, nos intérêts immédiats ou plus simplement nos habitudes sont souvent contradictoires avec notre intérêt à long terme. Afin d’éviter que la vision court terme ne prenne le dessus, la manière de présenter et d’expliquer les décisions prises est cruciale et le non respect de cette règle implique une mort certaine des projets concernés. Force est de constater que si la taxe pique-nique faisait sens d’un point de vue économique et écologique, son positionnement « marketing » et la gestion des parties prenantes sont mauvais pour ne pas dire calamiteux.

Feu la taxe pique-nique; Dommage, encore un coupable en liberté pour un simple vice de procédure.

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