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L'avenir incertain des biocarburants par
Benoit E.
le Oct 15, 2008 20:01
Les biocarburants sont devenus à la mode à la faveur de l’explosion des prix des produits pétroliers mais ils ont nettement moins la côte depuis la flambée du prix des matières premières.
Fausse bonne idée ou vraie voie de développement ?
Nous allons faire le tour du sujet sans rentrer dans les détails techniques et en rappelant que les biocarburants n’ont rien de révolutionnaire.
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Deux grandes familles de biocarburants existent :

  • La filière « alcool » permettant de produire du bioéthanol. Le sucre contenu dans les végétaux est transformé en alcool éthylique, le même que celui que l’on trouve dans toutes les boissons alcoolisées !
  • La  filière « alcool » est déjà très développée au Brésil, où le bioéthanol de canne à sucre couvre 22 % des besoins nationaux en carburant. En Europe, le bioéthanol est produit à partir de céréales (blé, maïs...) ou de betteraves.
La filière « huile » permettant de produire du biodiesel. Pour cela, on mélange de l'huile avec de l'alcool pour diminuer sa viscosité. Pour fabriquer du biodiesel, toutes les huiles peuvent être utilisées. En France les producteurs choisissent souvent de l'huile de colza, tandis qu'aux États-Unis, les fabricants préfèrent le soja.

L’incorporation directe de bioéthanol dans l’essence est facile à réaliser puisque tout moteur de voiture peut fonctionner avec 10% d’incorporation, sans être modifié. L’E85, quant à lui, est composé à 85% de bioéthanol et à 15% d’essence SP 95 mais il nécessite un moteur adapté appelé « flex-fuel ». L’incorporation directe du biodiesel dans le gazole est, elle aussi, facile à réaliser puisque tout moteur de voiture peut fonctionner avec 30% d’incorporation, sans être modifié.

De ce fait, cette solution est utilisable immédiatement et les partisans des biocarburants ne manquent pas de rappeler que les biocarburants ne nécessitent pas de nouveau réseau de distribution d’essence ou de nouveau moyen d’approvisionnement.

Les détracteurs des biocarburants relèvent eux que la particule « bio » n’est en fait que de la communication destinée à donner bonne conscience aux consommateurs et que l’on pourrait, dans ces conditions, considérer le pétrole comme naturel voire même bio puisqu’il est issu de la composition de micro-organismes.

Je fais partie de ceux qui pensent que la matière première agricole est précieuse et ne peut être détournée de sa fonction première : nourrir l’humanité. D’autre part, je suis contre le raisonnement qui tend à penser que l’utilisation massive des biocarburants pour le transport peut remplacer le pétrole sans remettre en cause nos habitudes. Il ne faut toutefois pas rejeter de manière brutale et définitive cette solution. En effet, les biocarburants doivent trouver leur place dans le bouquet énergétique mondial.

Par exemple, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à utiliser ces biocarburants. Cette solution présente de nombreux avantages puisque la production est réalisée à partir de la matière première produite localement. Elle évite donc le transport du carburant sur de longues distances. De plus, les drèches obtenues sont riches en protéines et sont incorporées dans l’alimentation du bétail. Cette solution évite l’importation des tourteaux de soja dont les filières animales françaises sont dépendantes. Enfin, les tracteurs nécessitent une forte puissance et le moteur à explosion actuel reste pour l’instant incontournable.

Il faut souligner que de nombreux chercheurs travaillent sur les biocarburants de deuxième génération. Cela consiste à utiliser des déchets de bois, de paille et de végétaux ou des algues comme matière première. Un potentiel gigantesque mais les défis techniques à relever sont importants. Les chercheurs français sont dans le peloton de tête sur ce sujet.

Avec cette deuxième génération, le bioéthanol pourra alors répondre à de nombreux besoins dans de bonnes conditions environnementales mais je reste contre son utilisation dans les transports individuels.

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