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Le mirage du Hard Discount Par
Benoit E.
le 03/06/2008 12:05
J’étais parti pour réagir « à chaud » sur la volonté de l’Union Européenne d’autoriser l’importation du poulet javellisé en provenance des Etats-Unis. Bien que je sois totalement contre cette méthode, je me suis rappelé que ce type de traitement est courant sur les ananas sans que nous en soyons offusqués.
Surtout, je me suis demandé ce qui pourrait pousser un Européen à acheter un poulet javellisé et qui a traversé l’atlantique alors que nos modes de production et de contrôle à toutes les étapes de la chaîne sont nettement supérieurs.
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Je suis arrivé à la conclusion que seul le prix pouvait justifier un tel acte et encore, je ne vois pas une famille se précipiter sur un poulet rôti étiqueté javellisé que ce soit sur un marché ou dans une grande surface. Par contre, qui va vérifier la qualité du poulet utilisé dans un produit industriel ?

Je gère le budget de la famille et j’ai constaté comme tout le monde que les prix augmentant, des arbitrages étaient nécessaires. Nous arrivons sur le sujet brûlant du pouvoir d’achat. Si ce dernier est mis à mal avec l’explosion du prix du pétrole et des denrées alimentaires, comment répondre à cette nouvelle contrainte ?

Notre gouvernement pense y répondre en « libéralisant » le secteur de la grande distribution et en renforçant le pouvoir du hard discount. Je pense que cette solution ne va pas dans la bonne direction. En effet, il est évident que la diminution du prix ne s’invente pas et qu’elle est toujours liée à une dégradation de la qualité du produit.

De manière générale, la qualité d’un produit alimentaire concerne sa qualité sanitaire, sa qualité gustative et sa qualité nutritive.

Tout d’abord concernant la qualité sanitaire, les industriels et les organismes de veille sanitaire nous expliquent que la sécurité sanitaire des aliments n’est pas liée à son prix. Je pense en ce qui me concerne qu’il est probable que le risque de retrouver un ingrédient non-conforme dans un produit fini augmente statistiquement avec la recherche du prix le plus bas.

Ensuite, la qualité peut être moindre au niveau du goût. Chacun le sien… Chacun est libre de définir ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas.

Enfin, la qualité nutritive peut être inférieure. Je n’ai aucun doute que la différence essentielle entre deux produits « identiques » mais différents au niveau du prix se répercute automatiquement sur leurs qualités nutritives. D’ailleurs, il est maintenant prouvé que nous mangeons de plus en plus en quantité et que nous sommes de plus en plus carencés.

inseesd.jpgLe tableau ci-contre donne la répartition de la consommation des     ménages. A noter que le budget alimentation arrive en troisième     position derrière le budget transport et qu’il ne représente plus que     14% du budget global d’une famille !

Sans trop s’engager, on peut imaginer que ce budget ne peut être     réduit davantage. Peut-il revenir à un niveau plus important ? C’est la     tendance qui se dégage.

Les familles françaises vont devoir faire un choix stratégique : se ruer     dans le hard discount pour limiter au maximum la progression du     budget alimentation ou accepter de réduire d’autres budgets au profit     du budget alimentation.

En ce qui nous concerne, le choix est déjà fait. Nous avons réduit     d’une manière conséquente notre budget transport et notre budget     loisirs.

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