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L'université de la Terre par
Benoit E.
le Nov 03, 2008 10:43
Le week-end dernier je me suis rendu à l’Université de la Terre organisée cette année à l’Unesco. Sur le chemin qui me menait à cette prestigieuse institution, je me réjouissais des sujets abordés et de la qualité des intervenants listés sur mon précieux sésame. Mon état de béatitude s’est brutalement disloqué sur la queue immense devant les portes. Cette attente ne fut finalement pas si longue que cela du fait d’une bonne organisation et fut agrémentée d’un café ou d’un thé très apprécié. Ou comment transformer un point négatif, l’attente, en plaisir. A méditer…terresd.jpg
Nous avons été reçus par François Lemarchand, Président de Nature et Découvertes et organisateur de cette manifestation. L’objectif de cette université, nous explique-t-il, est de jeter des passerelles entre le monde de l’écologie et le monde de l’économie représenté par les entreprises. Je ne peux que souscrire à cet objectif car le développement durable se trouve bien à l’intersection des sphères économique, environnementale et sociétale.

Les sujets abordés ont été nombreux. Bien entendu, des sujets d‘actualité comme le Grenelle de l’environnement et surtout la crise financière ont été longuement discutés. Je ne vais pas aborder ce dernier sujet aujourd’hui car il me semble que cette crise mérite au moins un article. Il a aussi beaucoup été question de progrès.
Qu’est-ce que le progrès ? Comment le mesure-t-on ?
Je vais vous livrer une petite synthèse de ce que j’ai retenu des différentes interventions sur le sujet.

Tous les intervenants s’accordent à dire que l’humanité a vécu des siècles d’évolution et de progrès. Après un dynamisme sans précédent pendant le 20ème siècle, François Lemarchand note que le progrès nous fait maintenant peur.

Pour Bertrand Piccard, ce sentiment nouveau concerne les personnes qui ont une peur viscérale du changement. Pour cette raison, il ne faut pas convaincre mais motiver pour changer de paradigme. Bertrand Piccard insiste sur le fait que les premières victimes ne seront pas les pôles mais bien les entrepreneurs et les consommateurs qui feront face à la flambée du prix des matières premières et plus particulièrement du pétrole.

Pour Pierre Rabhi nous sommes la civilisation de la combustion énergétique et  nous entrons dans l’ère de la rareté ce qui implique entrer dans l’ère de l’autonomie (et non pas autarcie !) pour « échanger de la rareté ». Pierre Rahbi nous rappelle que des civilisations ont disparu par manque de ressources locales. De plus, dans notre système actuel, seules, les richesses facturées sont prises en compte dans le calcul du PIB et qu’il est temps de valoriser les qualités immatérielles de la Terre.

Geneviève Ferone pense elle aussi que le PIB est un indicateur incomplet voire simpliste. De plus, elle souligne que le découplage entre l’Indice de Santé Social et le PIB est de plus en plus important. Or, le progrès ne doit-il pas améliorer notre condition de vie ? Mais avant de définir les indicateurs ad hoc encore faut-il définir vers où nous voulons aller !
Si par exemple, la biodiversité est un élément prépondérant dans la notation, Madagascar passe du statut du pays le plus pauvre au statut du pays le plus riche de la planète.

Yves Paccalet va plus loin sur ce sujet en rappelant la petitesse et la fragilité de la Terre et que ce n’est pas un décor de théâtre. Il insiste aussi sur la nécessité de développer l’utopie du partage afin d’éviter l’organisation clanique qui impliquerait des guerres voire la disparition de l’humanité.

Boris Cyrulnik nous rappelle que toutes les sociétés se sont fondées sur la violence et que pendant des siècles la guerre a été glorifiée. Avec le réchauffement climatique, l’immigration climatique est estimée à 200 millions de personnes. Cela signifie que nous devrons faire le choix entre le partage des ressources (pétrole, eau douce….) et la guerre. 

Permettez-moi de conclure sur une citation entendue lors de cette université et qui demande un brin de réflexion :
« Qu’allez-vous faire de ce que l’on a fait de vous ? » Sartre.

En savoir plus : www.universitedelaterre.com

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