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Une catastrophe financière par Benoit E.
le Nov 12, 2008 09:01
Bref, tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu’au jour où le monde financier a du se rappeler qu’il était connecté de manière solide a un monde bien réel. Le rappel à l’ordre est brutal pour… tout le monde.
Lors d’un séminaire un banquier a tenté d’expliquer à son auditoire que le problème de la crise ne vient pas de la spéculation mais de la bulle qui s’est formée. Je ne vois toujours pas comment séparer des notions aussi liées. « Peut-être en régulant le monde financier ? », lui demandais-je ? L’idée n’a pas semblé le séduire. Je comprends, un gendarme qui vous surveille, c’est moins drôle. Quand les premiers symptômes de la maladie sont apparus durant l’été 2007, j’ai tout de suite pensé que la maladie était très sérieuse. Ma réaction a certainement été dictée par l’expérience vécue avec la bulle Internet et son éclatement. Mon analyse concluait que la crise financière aurait tôt ou tard un impact sur l’économie réelle. En effet, je pensais que la richesse des Américains et donc leur capacité à consommer serait réduite avec l’effondrement de l’immobilier. Or nous connaissons les conséquences d’un tel ralentissement. Je me suis toutefois trompé en sous-estimant l’imagination débordante des financiers du monde entier. J’implique volontairement tous les financiers en les mettant dans le même sac. En effet, tout le système a été perverti par des spéculations diverses et variées (produits dérivés, matières premières etc.). Nous pouvons simplement penser que les financiers américains ont fait preuve d’une plus grande créativité en mettant au point les subprimes. Le parallèle entre la bulle Internet et la bulle financière s’arrête face à la réalité économique. En effet, l’économie Internet avait la prétention de créer, avec une certaine naïveté, une nouvelle économie basée sur de nouvelles règles mais il y avait une intention réelle de créer de la valeur, du progrès. L’économie financière veut, elle, simplement créer de l’argent pour l’argent, sur des produits de plus en plus sophistiqués ce qui revient à vouloir créer de la valeur sur… rien ? Pouvons-nous considérer que nous avons atteint le paroxysme de la vanité ? Il est aussi important de rappeler que ces dernières années plus de 90% des transactions concernaient des transactions financières pures, autrement dit moins de 10% des transactions mondiales étaient liées à la vente d’un produit ou d’un service. Quand on pense que la finance devrait être au service de l’économie… Les banques n’ont donc pas créé la moindre valeur et elles mettent maintenant l’économie réelle en danger en réduisant massivement les emprunts aux particuliers et aux entreprises. Tout cet argent aurait pu être investi dans les Green Techs ! Lors de l’Université de la Terre, Boris Cyrulnik, nous a expliqué que nous ne vivons pas une crise financière mais une catastrophe financière (cata : coupure et strophe : on tourne la page). Nous ne savons pas encore si nous saurons tourner la page en tirant toutes les conclusions de cette expérience désastreuse mais en attendant, c’est sûr, c’est la cata !
| Impossible de lire, écouter ou regarder un média sans qu’il ne soit question de la crise financière et de ses conséquences sur notre quotidien. Pendant des mois personne ne savait réellement quel était l’ampleur du problème, les rares personnes qui devaient le savoir sont restées muettes… Et pour cause, dans une bulle, l’euphorie est telle que cela reviendrait à essayer de faire entendre raison à groupe de personnes ivres de … bonheur ? Plus certainement d’alcool. | ![]() |
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Lors d’un séminaire un banquier a tenté d’expliquer à son auditoire que le problème de la crise ne vient pas de la spéculation mais de la bulle qui s’est formée. Je ne vois toujours pas comment séparer des notions aussi liées. « Peut-être en régulant le monde financier ? », lui demandais-je ? L’idée n’a pas semblé le séduire. Je comprends, un gendarme qui vous surveille, c’est moins drôle. Quand les premiers symptômes de la maladie sont apparus durant l’été 2007, j’ai tout de suite pensé que la maladie était très sérieuse. Ma réaction a certainement été dictée par l’expérience vécue avec la bulle Internet et son éclatement. Mon analyse concluait que la crise financière aurait tôt ou tard un impact sur l’économie réelle. En effet, je pensais que la richesse des Américains et donc leur capacité à consommer serait réduite avec l’effondrement de l’immobilier. Or nous connaissons les conséquences d’un tel ralentissement. Je me suis toutefois trompé en sous-estimant l’imagination débordante des financiers du monde entier. J’implique volontairement tous les financiers en les mettant dans le même sac. En effet, tout le système a été perverti par des spéculations diverses et variées (produits dérivés, matières premières etc.). Nous pouvons simplement penser que les financiers américains ont fait preuve d’une plus grande créativité en mettant au point les subprimes. Le parallèle entre la bulle Internet et la bulle financière s’arrête face à la réalité économique. En effet, l’économie Internet avait la prétention de créer, avec une certaine naïveté, une nouvelle économie basée sur de nouvelles règles mais il y avait une intention réelle de créer de la valeur, du progrès. L’économie financière veut, elle, simplement créer de l’argent pour l’argent, sur des produits de plus en plus sophistiqués ce qui revient à vouloir créer de la valeur sur… rien ? Pouvons-nous considérer que nous avons atteint le paroxysme de la vanité ? Il est aussi important de rappeler que ces dernières années plus de 90% des transactions concernaient des transactions financières pures, autrement dit moins de 10% des transactions mondiales étaient liées à la vente d’un produit ou d’un service. Quand on pense que la finance devrait être au service de l’économie… Les banques n’ont donc pas créé la moindre valeur et elles mettent maintenant l’économie réelle en danger en réduisant massivement les emprunts aux particuliers et aux entreprises. Tout cet argent aurait pu être investi dans les Green Techs ! Lors de l’Université de la Terre, Boris Cyrulnik, nous a expliqué que nous ne vivons pas une crise financière mais une catastrophe financière (cata : coupure et strophe : on tourne la page). Nous ne savons pas encore si nous saurons tourner la page en tirant toutes les conclusions de cette expérience désastreuse mais en attendant, c’est sûr, c’est la cata !
