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La voix de Anne Par
Anne T.
le 18/02/2009 20:27
Après 15 années passées dans une compagnie aérienne britannique (au service de sa majesté !), j’ai pu appréhender le problème de la prise de parole en public.
Pas toujours évident d’annoncer à une salle entière, seule devant la salle d’embarquement et équipée d’un  petit micro pour tenter de se donner une prestance assurée, que le vol va être retardé voir même annulé pour cause de mauvaise météo !
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Allez rechercher au plus profond de vous-même ce fameux langage du corps, dont on parle si souvent… C'est-à-dire, imposer une attitude assez confiante et volontaire pour ne pas se faire tirer le « chignon-banane » et surtout éviter l’étripage d’hôtesse !!!

Lorsque l’on m’a proposé de rencontrer Anne Leblanc, j’ai tout de suite su que j’allais apprendre des choses intéressantes, autant dans le domaine du positionnement de la voix que du langage psychocorporel. Anne est psychopédagogue de la voix parlée et chantée, coach, formatrice et chanteuse.

Quel est votre parcours, qu’est ce qui vous a amené à travailler dans ce domaine ?
Depuis toujours je chante et c’est un vrai plaisir pour moi.
En tant que formatrice, il y a quelques années, j’ai animé des stages sur la voix parlée et chantée auprès d’adolescents. Je me suis rendu compte que ce training sur la voix et le chant, non seulement leur permettait de développer leur voix, d’apprendre à chanter juste, mais renforçait la confiance en eux, développait leur capacité à s’affirmer et leur créativité.
Lors de mes cours de chant j’ai expérimenté que ceux-ci développaient des potentiels enfouis, notamment ma capacité à parler en public. Par ailleurs, j’ai constaté les liens existants entre mon état interne et la qualité de ma voix : lorsque j’étais énergique, confortable intérieurement, ma voix était libre, ouverte, puissante, à contrario, lorsque j’étais triste, ma voix était serrée, éteinte, manquant de dynamisme et d’énergie.
Nous avons tous eu l’expérience en décrochant le téléphone, de repérer si notre interlocuteur était en forme ou au contraire déprimé. Je me suis alors passionnée et intéressée à la voix étant convaincue qu’il est important pour nos contemporains, de redonner la place au corps, aux émotions, qui sont sources de créativité, facteurs réels d’équilibre autant pour leur vie privée, que pour leur vie professionnelle. Le travail de la voix est un canal privilégié pour cela.

Qu’est-ce la psychopédagogie de la voix ?
La psychopédagogie de la voix propose une exploration et une écoute de la voix chantée et parlée. L’expression vocale implique la présence de notre corps par sa gestuelle, l’attitude, la fonction d’écoute et la respiration. Elle nécessite une totale mobilisation de soi. Ecouter sa voix et son corps agrandit la présence à nous-même.
Etre à l’écoute de soi permet d’être immédiatement en lien avec son monde intérieur, c’est à dire de ressentir ses émotions, de conscientiser ses pensées, de s’émouvoir. Cette écoute nous renseigne sur ce que nous vivons à l’intérieur de nous-même dans le moment présent.
Nous prenons par cette attention, conscience de nos tensions physiques qui sont souvent l’expression de nos émotions retenues. L’expression vocale et corporelle invite à les exprimer.
La voix chantée permet de s’émouvoir, d’exprimer ses émotions, d’élargir sa palette de sonorités, d’enrichir le timbre de sa voix et bien sûr d’exprimer son message personnel. La voix parlée permet elle de s’entendre dire, d’ordonner ses pensées et de les exprimer de façon claire. Nous arrivons ainsi à une communication plus authentique et libre avec soi-même et autrui.
Cette attitude d’écoute à l’aide de toute forme d’expression vocale et corporelle offre la possibilité de prendre conscience de nos schémas répétitifs, de nos vieilles habitudes sclérosées, de nos inhibitions et de nos blocages.
La psychopédagogie de la voix crée un lien entre la manière de s’exprimer vocalement, corporellement et notre attitude psychologique. Elle invite à poser un autre regard sur notre façon d’être. Cet autre regard ouvre une porte vers l’acceptation de soi.

Quelle est la formation suivie pour devenir coach vocal ?
J’ai suivi une formation sur trois ans par intermittence à l’Ecole pratique de psychophonogie de Jacques Bonhomme en Haute Ardèche. Puis, j’ai obtenu un diplôme de coach à l’Université Paris VIII et enfin je suis praticienne en PNL.
Curieuse et ouverte j’enrichis ma pratique avec de nouveaux stages : gestalt, clown, technesthésie, etc.

Peut-on utiliser cette méthode dans une optique thérapeutique ?
Oui, parce que la voix est symptomatique de nos états internes, baromètre de l’adaptation de l’homme aux situations, entre la personne et les autres.
En tant que psychopédagogue de la voix parlée et chantée, je propose un travail de relation d'aide dans lequel je donne à la personne les moyens d'aller contacter elle-même ses propres ressources par l'acte vocal et phonatoire. Ces séances de psychopédagogie de la voix s'adressent à toute personne désireuse d’approfondir la connaissance d’elle-même grâce à sa voix,  développer celle-ci, la placer, l'enrichir et ainsi, accroître la confiance, l'estime de soi, l'expression de sa créativité.
En ce sens, le travail sur la voix devient chemin d’évolution car il permet de prendre conscience de nos fonctionnements et de les transformer. Travailler sa voix est un chemin pour se connaître, se déployer, se transformer, se libérer, un chemin pour communiquer avec plus d’aisance, d’énergie, d’assurance.

Pourquoi lorsque l’on écoute sa propre voix sur un magnéto ou annonce de portable on ne reconnaît pas sa voix ?
On ne reconnaît pas sa voix sur les enregistrements car les appareils prennent d'abord les aigus. Lorsque nous parlons et entendons normalement notre voix, notre oreille entend d'abord les graves.

D’où provient une voix de tête ?
Il existe deux registres principaux : le registre grave ou de poitrine et le registre aigu que l’on peut encore appeler de tête ou léger. Le registre aigu correspond à un fonctionnement laryngé où les deux plis vocaux (plus couramment appelés cordes vocales) se présentent sous l’aspect de lames relativement minces. Contrairement au registre grave où les plis vocaux se présentent sous l’aspect de lèvres épaisses. La voix de tête, comme son nom l’indique aura une résonance crânienne.

Qu’est-ce qu’une voix rauque ?
Une voix rauque est une voix fatiguée provoquée par une personne qui produit un effort trop important des muscles vocaux (plis vocaux, larynx) pour parler. Cela peut entraîner une lésion ou une inflammation des plis vocaux. Elle n’utilise pas ses bons appuis que sont ceux de la ceinture abdominale et du diaphragme. Cette personne pourra rencontrer des problèmes d’aphonie vocale, à savoir fatiguer sa voix. Cela pourra provoquer à terme des nodules sur les plis vocaux.

Cela peut-il se changer ?
Dans le cas où la voix de tête serait utilisée dans le chant chez une soprano, cela est volontaire, donc il n’y a pas de changement à chercher. Cependant dans le cas où c’est une femme qui utilise sa voix de tête en voix conversationnelle (voix aiguës), et que cela est une gêne pour elle, il y aura sans doute un travail à faire sur un plan physiologique et psychologique pour que le changement soit profond et durable. La voix sub-aiguë chez la femme, laisse présager une peur de devenir femme. Il peut y avoir un rejet de la mère de la part de cette femme.
Pour la voix rauque, un travail physiologique pourra être effectué, voire psychologique.

Pourquoi ne s’autorise t-on on pas à chanter ?
On ne s’autorise pas à chanter parce que l’on manque de confiance en soi dans ce domaine, parce que l’on a peur du ridicule, parce qu’on l’on nous a dit enfant tais toi tu chantes faux ! parce qu’on l’on voudrait chanter à la perfection, parce qu’on l’on a la croyance que l’on ne sait pas chanter, etc.

Pourquoi est-ce que les enfants n’apprécient pas d’entendre leurs parents chanter ?
Je parlerais peut être plus particulièrement des pré-adolescents ou adolescents, parce qu’en général les jeunes enfants sont plutôt contents quand leurs parents chantent.
Les adolescents sont dans une phase où ils ont besoin de prendre leur place, de se démarquer, de prendre la parole au sens subtil du terme. Il leur faut quelque part tuer la mère, le père. C’est une manière pour eux de le faire, en disant à leurs parents "tais-toi, tu me fais honte, tu chantes faux" car je veux prendre ma place pour exister dans la mienne.

Comment peut-on améliorer le développement de la voix de l’enfant ?
C’est une question trop générale, il faudrait pouvoir parler d’un cas particulier. De plus, bien sûr il y a des aspects psychologiques à prendre en compte. De façon générale en le faisant chanter souvent en groupe.

Pour quelles raisons peut-on faire appel à vous ?
Tout d'abord pour
apprendre à chanter, pour développer et enrichir sa voix chantée.
Cela peut être dans le cadre d
u training vocal pour des personnes qui souhaitent rendre leur expression plus efficace dans des situations diverses : conférences, conduite de réunions, prise de parole spontanée… Développer leurs capacités vocales, leur leadership, poser leur voix, gagner en assurance dans la prise de parole en public, etc.
Cela concerne aussi de la relation d’aide par la voix, pour apprendre à se connaître, développer l’estime de soi, développer sa créativité et bien sûr sa voix.
J'
anime aussi des séminaires sur la cohésion d’équipe par le chant.

Quels sont les livres que vous conseillez ?
La voix énergie –  Jacques Bonhomme - Editions Dangles
L’odyssée de la voix – Jean Abitbol – Robert Laffont
Le guide de la communication – Jean Claude Martin – Marabout
Demain, je parle en public – Thierry Destrez – Dunod

En savoir plus sur la psychopédagogie de la voixwww.trouversavoix.fr - Anne Leblanc : 06.70.23.67.17

Outre la mise en lien de la voix et la psyché, la psychopédagogie de la voix offre l’apprentissage de la pose de la voix afin de parler et de chanter avec aisance et plaisir.
Une séance repose sur la pédagogie de la voix parlée et chantée, la créativité vocale, un travail corporel, l’écoute active, l’émergence des prises de conscience et la verbalisation.

La première: Pourquoi est-ce son oreille qui perçoit très bien les sons du langage, les différentes hauteurs d’expression (l’interrogation, l’étonnement…) les subtilités des phonèmes d’une langue étrangère, n’analyserait-t-elle pas bien les variations de hauteur de la voix chantée ?

  • est-ce que la personne sait et souhaite se concentrer ?  sait-elle écouter ? et s’écouter ? Une partie de la personne peut avoir décidé que chanter n’était pas suffisamment important pour y investir de la concentration, car il en faut beaucoup pour chanter juste. Il faut prendre d’abord le temps d’écouter, donc faire silence et ne pas se précipiter dans l’émission vocale. Ecouter en soi la mélodie en résonance interne.
  • Est-ce une oreille qui s’est fermée à certains sons ? si une personne a eu de mauvais rapports avec sa mère qui parlait d’une voix criarde, son oreille a pu se fermer aux aigus, et ceci fait qu’une partie des sons n’étant pas perçus, elle ne pourra pas les reproduire.
La seconde : Le manque de confiance en soi qui fait que l’on préfère se taire plutôt que de risquer la moquerie si notre chant n’est pas parfait

  • Est-ce un manque de confiance en soi développée depuis le plus jeune âge, l’enfant ayant été atteint intérieurement de façon trop brutale lorsqu’il a pour la première fois chanté devant une personne qui se serait moqué de lui ? ou qui lui aurait dit t’ai toi tu chantes faux !
  • Est-ce une habitude de se mettre la barre trop haute, se vouloir parfait, qui l’empêche d’essayer, d’apprendre, de se tromper, et de refaire encore pour s’améliorer ?
La troisième : Très courante chez les adultes qui viennent apprendre à chanter tard : la prédominance du mental et de l’intelligence qui nous font croire qu’il suffit d’avoir compris pour savoir-faire.

  • notre éducation scolaire nous prédispose à cette erreur : hors pour chanter, il faut expérimenter, et non comprendre. Respirer, tenir une posture verticale juste, s’exercer, bouger, apprendre des textes, en un mot travailler. La notion de plaisir va également beaucoup aider à l’apprentissage, et va permettre de quitter progressivement la prédominance du mental. Cette notion de plaisir n’enlève pas tout le travail que cela demande, notamment celui de la présence à soi-même et de l’écoute.
  • Une de mes élèves arrivait récemment à reproduire avec justesse un son, je lui demandais alors comment elle avait fait ? Je n’ai pas cherché à comprendre avec ma tête, j’ai fait ! Cela veut dire qu’il n’y a rien à penser, à intellectualiser, à chercher, il y a juste à chanter, à passer à l’action de chanter.
La quatrième : Le manque de tonicité musculaire. Tous les chanteurs vous le diront, chanter demande un effort musculaire important, pour soutenir le son. Cela donne chaud de chanter. Les personnes hypotoniques chantent souvent faux uniquement à cause de ce relâchement. Car pour chanter, nous devons être certes détendus mais toniques.

La cinquième :D’autres raisons peuvent être d’ordre psychologique, sachant que tout est lié et que les points évoqués ci-dessus peuvent en faire partie. Le simple fait de chanter, d’aller dans l’action de chanter pourra par voie de conséquences, faire se lever parfois les obstacles psychologiques, parfois même, les mettre à jour.

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